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septembre 2012

Bonjour,

 

Les permanences de Ecoute Cancer Beaujolais ont repris.

 

Ells se tiennent toujours au 47 passage de l'Ancienne Mairie à Villefranche sur Saône...

 

Tous les lundi, hors vacances scolaires, de 15h à 18h, sans rendez-vous et de 13h30 à 20h sur rendez-vous.

Au premier étage, la porte juste en haut des escaliers...

Frappez, entrez vous êtes la bienvenue !

 

A bientôt et d'ici là, prennez soin de vous...

 

Sofia

 

 

 

Les permanences de février et mars 2012

Bonjour à tous et à toutes,

 

En ce mois de février particulièrement rigoureux, je vous souhaite de pouvoir rester au chaud...

 

Les permanences vont s'interrompre pendant les vacances scolaires (les semaines des 13 et 20 février).

 

Nous avons noté une très forte baisse de fréquentation de notre permanence depuis début décembre. Nous pensons que cela est dû à un manque de visibilité de notre part. Nous avons donc décidé de relancer une campagne d'information quant à notre existence, notre présence et notre engagement auprès de vous.

 

Nous sommes dès maintenant mobilisées autour de cet objectif et nous allons commencer notre campagne d'information pendant les vacances.

 

Ceci étant dit, informer, rencontrer, échanger à propos de notre action prends du temps et nous ne pourront pas tout faire pendant les vacances...

 

Donc, en mars, nous ne serons pas tous les lundis physiquement à la permanence. Si vous souhaitez venir nous rencontrer, le mieux est de nous téléphoner ou de nous envoyer un courriel afin de prendre rendez-vous.

 

Ceci le temps que nous fassions notre campagne d'information, ensuite les permanences reprendront.

 

Je vous remercie de votre compréhension...

BONNE ANNEE 2012

BONNE ANNEE 2012

Bonjour à tous et à toutes,

Nous voilà de l'autre côtés de la nuit, nous voici en 2012,


En ces premiers jours de janvier, mes pensées vont vers ceux qui n'ont pas pu bénéficier de la  trêve des confiseurs. Il y a les malades et leurs proches qui ont passé les fêtes entre la maison et l'hôpital que cela soient pour des séances de chimio, de radiothérapie ou encore pour une chirurgie. Et puis il y a les soignants qui vous ont accompagnées pendants ces jours un peu particuliers. Ils se sont relayés auprès de vous pour assurer la continuité des soins tout en essayant de faire souffler le vent des fêtes de Noël...

Ensuite, les pensée coulent vers ceux dont se fut le premier Noël après l'annonce. Le premier Noël avec le cancer, le premier Noël avec ce corps qui paraît nous trahir. Ce fut un Noël nouveau, rien n'avait changé et pourtant tout était différent.

Puis mes pensées s'envolent vers ceux dont se fut le premier Noël... après le cancer. Premier Noël de rémission, premier Noël après la bataille... peut être le Noël que vous n'aviez pas pensé vivre. Le premier Noël où le cancer se conjugue au passé.

A vous tous et toutes touchés par le cancer le je souhaite une BONNE ANNEE 2012.  Je souhaite qu'au delà de la souffrance, qu'au delà de la fatigue du corps et de l'esprit, qu'au delà du désespoir il y ait de la joie, de l’espérance, de l'amour et beaucoup beaucoup d'humanité.

Je souhaite que vous preniez grand soin de vous et que l'on prenne grand soin de vous.

Cette année encore, l'équipe d'ASPC  sera auprès de vous. Les permanences reprendront le lundi 9 janvier : de 15 à 18h sans rendez-vous et de 13h30 jusqu'à 20h, sur rendez-vous.


Le cancer isole, la douleur détache et la fatigue désespère, face à cela ne restez pas seul... acceptez notre main tendue car la parole rapproche, un sourire réchauffe et rassure et le dialogue humanise.

Interruption des permanences pendants les vacances de noël...

Les jours raccourcissent, le froid s'installe, les feuilles des arbres sont presque toutes tombées... les guirlandes s'allument, les jouets envahissent l'esprits des petits...  pas de doute : Noël est là !

 

Nous allons pas à pas vers la nuit la plus longue de l'année. Il nous faut passer par cette longue nuit pour avoir le privilège de voire renaître la lumière de l'autre côté... de l'autre côté de la nuit.

 

Cette longue nuit m'amène à penser à la maladie, ce long tunnel obscure qui nous fait peur et que certains sont obligés de traverser, soit en tant que malade, soit en tant que proche. Je pense au courage qu'il faut pour cheminer pas à pas vers la lumière... car cette lumière ne revient pas d'un coup, elle tarde à se faire sentir, elle revient progressivement... lentement... trop lentement peut être... trop lentement certainement, pour ceux qui souffrent.

 

Pourtant, pendant cette obscurité, la terre ne meurt pas. En elle, elle couve, elle nourrit au plus profond d'elle-même notre nouveau printemps, celui qui fera exploser de lumières et de couleurs notre campagne, nos arbres et nos coeurs.

 

Pour ceux qui sont malades et pour leurs proches, il y a aussi un après... un après la maladie. Il peut être tragique mais grace à la médecine il est de plus en plus souvent heureux. Celui ou celles que nous sommes, celui ou celle que nous aimons, revit... il ou elle fait ces premiers pas de l'autre côté de la nuit... Patience, la lumière a besoin de temps pour s'installer de nouveau.

 

La chaleur des coeurs et la solidarité sont de bons édredons contre le froid hivernal, contre la peur de l'obscurité et contre l'isolement émotionnel... je vous invite à y penser en cette période de fête...

 

Les bénévoles d'ASPC vont donc se retirrer pendant les vacances de Noël (du samedi 17 décembre 2011 au lundi 2 janvier 2012 inclus) pour un repos bien mérité.

 

Pour ma part, je resterais attentive au site et aux messages que vous nous laisserez ainsi qu'aux messages téléphoniques.

 

Il me reste à vous souhaiter, en mon nom, et au nom de toute l'équipe d'ASPC :

 

 UN TRES JOYEUX NOEL

 

qu'il vous apporte la santé, l'espoir et l'amour de ceux que vous aimez...

 

Une dernière petite chose : la CAPE (autre association qui se bat contre le cancer) organise un spectacle le 18 décembre, vous trouverez tous les détails dans notre rubrique "évènement".

 

Je vous attends donc de l'autre côté de la nuit... en janvier 2012 !

 

Prenez soin de vous

 

Sofia

 

La valse de la vie

DONNER ET RECEVOIR ... ENTREZ DANS LA VALSE DE LA VIE

 

Je suis malade et je peux donner,

Tu es malade et tu peux donner,

Elle est malade et elle peut donner,

Nous sommes malades et nous pouvons donner,

Vous êtes malades et vous pouvez donner,

Ils sont malades et ils peuvent donner...

 

Une des choses que l'on nous prend lorsque nous sommes malades, l'une des choses que l'on nous retire, c'est notre droit, notre capacité à donner. Les "Je ne vais pas t'embêter avec ça", "Tu as bien d'autres choses à penser"; "Laisse la donc tranquille, elle est fatiguée", sont censés nous protéger, sont censés nous aider... mais est-ce vraiment toujours le cas? Sincèrement, en est-il toujours ainsi ? Je ne le crois pas. Je crois, au contraire, que c'est indigne de recevoir sans pouvoir donner. Cela me rabaisse et me met, moi par rapport à vous, généreux donateur de votre temps, de votre argent, de votre compassion, en position d'infériorité. Il ne s'agit pas de donner, à la manière comptable, exactement ce que je reçois, il s'agit de me donner ma place, moi malade, moi cancéreuse, dans le bal des vivants, dans la chaîne des dons et contre-dons, dans ce balancier éternel d'action et de réaction qui font la trame de la vie même. Cette place me revient de droit et personne ne peut me l'enlever. Je la revendique.

 

Je la revendique même quand je suis en traitement, je la revendique même quand je sors de chirurgie... Je la revendique même, et surtout peut être, au seuil de ma mort. Oui, il y a des fois où je suis si faible que je ne peux vous donner qu'un sourire, qu'un merci à peine audible, certes... Mais ne pouvez-vous seulement l'accepter au lieu de me dire : "Ne te fatigues pas". "Ce n’est rien, c'est normal" Usant de ces formules toutes faites de politesse apprise qui sont des expressions de courtoisie pour les vanités de ce monde. J'aimerais tant que vous reconnaissiez mon don, mon acte de donner et que vous acceptiez ce sourire, mon sourire, si fragile soit-il. Car le don ne vaut que lorsqu’il est effectivement reçu par l'autre. Si vous repoussez mes sourires, mes mercis et mes petites attentions, vous ne me laissez pas donner. Sans le savoir, vous me mettez dans une catégorie à part de votre vie... Et moi, je ne veux pas. Je ne veux pas être poussée dans ce recoin obscur de votre vie. Je m'y sens seule et abandonnée... Qu'est-ce ? Un purgatoire ? Quelle faute ai-je donc commise ? De quoi me punit-on ? D'être malade ? D'être le reflet de votre propre vulnérabilité, de votre propre mortalité ? Moi, je refuse ce recoin, je refuse la punition et je veux être dans la vie, dans votre vie ! Et même si ce sourire me coûte je veux le donner pour me prouver à moi même, à vous et au monde entier que je suis VIVANTE. Je suis vivante car je peux donner et, dans tes yeux à toi, je peux me voir vivante car tu acceptes ce que j’ai à donner.

 

Tout le monde a besoin de donner et de recevoir. Même si les infirmières "ne font que leur métier", un sourire est une belle récompense. Même si le chirurgien a fait son métier et qu'il a été payé pour cela, un merci sincère est le bienvenu. Même malade, angoissée et fatiguée je peux comprendre et avoir de l'empathie pour ce docteur qui n'a que des journées de 24h, et aussi une famille et des malades plus que de raison. Même en période de difficultés financières, je peux comprendre que l'assistante sociale ait beaucoup plus de travail qu'elle n'en peut gérer comme elle le voudrait. Derrière le ou la professionnel(le), je veux continuer à voir l'humain comme je le veux et que derrière la malade, la cancéreuse tu voies aussi l'être humain. L'humain, cette argile si belle et si fragile. Quand tout nous sépare, voilà ce qui nous réunit encore, voilà ce que nous partageons malgré la maladie, malgré la peur, malgré les non-dits qui se glissent entre nous : l'Humain, notre humanité.

La maladie, la souffrance, les difficultés ne doivent pas me couper de mon humanité. Et toi, toi qui m'accompagnes, toi qui me soutients tu voudrais me couper de cette humanité, me retrancher de l'humanité... NON ! Mille fois non ! Je ne laisserai personne me voler ma place dans la valse de la vie. Le don, c'est la vie. Le nouveau-né offre au monde son premier cri et nous le recevons, émus et conscients du miracle de la vie. Le mourant nous quitte en nous léguant son dernier souffle que nous recueillons avec tristesse et respect, comme un ultime cadeau, ultime perle de vie. Alors quoi ! Où me situes-tu entre ces deux extrêmes ? Même les cadavres ont le droit de donner leurs organes ! Est-ce pour toi si douloureux de recevoir ce que je veux te donner, ce que je peux te donner ? Te donner, c'est une manière pour moi de rester dans la relation avec toi, c'est comme continuer de danser la valse de la vie avec toi... Mais ne serait-ce pas cela justement que tu fuis ? Notre relation, de peur qu'elle ne s'arrête ? Oui, elle est plus fragile qu'avant, peut être sera-t-elle plus brève aussi... mais en est-elle pour autant moins intense ou moins belle ? Ou peut-être préfèrerais-tu que j'économise mes dons pour "après" ? Mais ne sais-tu pas, petite sœur, que le don se nourrit de lui même, autant que de recevoir ? Ne vois-tu pas que je me vide à force de trop recevoir ? Je me vide de ma substance d'être humain, je me vide et je m'assèche... Je meurs mille fois dans ton regard quand tu le baisses pour masquer le refus de ce que je t'offre... et malgré ce regard baissé, moi j'y lis ma déchéance. Ou peut être as-tu peur de ce que je vais te donner ? Tu sais, je ne vais pas te donner ma souffrance ou ma maladie... Cela ne se donne pas et se partage peu. Non, ce que je peux te donner en revanche c'est tout ce que j'apprends de ma vie d'aujourd'hui, tout ce que j'apprends sur le cœur de la vie quand il se réduit au point de n'être presque plus perceptible, quand il se réduit à l’essentiel. Dans ces moments-là, je suis le nouveau-né et le mourant à la fois. Je suis la vie dans son essence même...C'est intime, c'est intense..., c'en est presque un cadeau.... C'est cela, entre autre, que je veux partager avec toi. Ce cadeau est-il trop lourd pour toi au jour d'aujourd'hui ?

 

Mais, alors, laisse moi t'offrir un sourire, une écoute pour tes petits bleus à l’âme, un rire, du temps... de la compassion pour tes soucis. Je le veux parce que je t'aime et que je veux que notre relation soit vivante et parce que, pour qu'elle le soit, elle doit être réciproque, donnant-donnant. Et oui, peut être aussi que je veux me dépêcher de te donner par peur de ne pas avoir tout le temps que j'imaginais. Et tu sais quoi ? Je ne veux pas donner qu'à toi, je veux donner au monde entier... car aujourd'hui JE SUIS VIVANTE ! Et tant que je serai vivante, je donnerai.


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